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Budget 2013 : la Ville doit agir à la hauteur des besoins des Parisiens Tribune collective des élu-e-s Front de Gauche de Paris, communistes, Parti de Gauche et apparentés.

La victoire de la gauche, cette année, aurait dû conduire au changement des relations entre l’Etat et les collectivités territoriales. Or, à l'heure où s'ouvrent les débats sur une nouvelle loi de décentralisation, la décision du gouvernement de geler les dotations aux collectivités territoriales pour l'année 2013 et de les baisser les années suivantes s'inscrit au contraire dans la continuité du pouvoir précédent. Alors que les collectivités portent à plus de 70% les investissements publics, une telle décision en période de crise est une grave erreur politique. Dans ce contexte, l'augmentation des investissements annoncée par le Maire de Paris dans ses orientations budgétaires du mois d'octobre est nécessaire mais pas suffisante. Nous devons atteindre et dépasser à la fin de la mandature le seuil de 20% de logements sociaux, tenir notre objectif de réalisation de 4500 places en crèches supplémentaires et de 30 nouveaux hectares d'espaces verts dans la capitale.
La crise et l'action de la droite au pouvoir ces dernières années ont aggravé les difficultés des Parisien-ne-s. Jamais la ville n'a connu une pareille crise du logement et une telle explosion de la précarité. Contrairement aux idées reçues, des poches de pauvreté existent dans la capitale et touchent de nouvelles catégories de population. Un nombre croissant de parisien-ne-s quitte la capitale du fait de la spéculation immobilière. La gentrification se poursuit. Or, dans ses orientations budgétaires, le Maire de Paris prend acte du gel des dotations de l'État sans s’y opposer. Dans ce même document, il passe sous silence la dette - qui atteint plus d'un milliard d'euros ! - de l'État envers la Ville alors que l'année passée, la communication municipale commençait à juste titre par elle. Le Maire de Paris se félicite de n'avoir que peu recours à l'emprunt. Pour notre part, nous pensons qu'il est urgent de mettre en place un pôle public bancaire qui permettrait aux collectivités locales comme Paris de recourir à des taux d’intérêt très faibles et d’assurer une indépendance vis à vis des agences de notation et de la finance.
Enfin, alors que la création de nouveaux équipements publics est prévue, le budget prévoit la stabilisation du nombre d'emplois publics. On ne peut développer de nouveaux équipements publics de proximité uniquement par le recours aux redéploiements des postes, l'externalisation de certains services et le développement d'emplois précaires. La lutte des
personnels de la ville est là pour en témoigner, la situation actuelle n'est plus supportable.
Pendant des années, nous avons fait la guerre au précédent gouvernement qui transférait -
avec empressement et dans un grand désordre - un maximum de compétences pour un
minimum de compensations. L'amnésie collective n'est pas possible. Il est impensable de
prendre acte aujourd'hui de la dette de la droite - pour mieux l'oublier. Nous pensons que cela
pourrait servir aux Parisiennes et aux Parisiens.
En effet, à Paris comme ailleurs, ce désengagement de l'État s'est traduit par la mise à mal de
nos services publics de proximité. Pour éviter l'accentuation des inégalités sociales, il est
urgent de garantir et d'élargir les missions des services publics. Pour cela un effort
considérable en direction des personnels de la ville doit être fait. Il faut en finir avec les
dégradations de leurs conditions de travail. Leurs missions participent à la cohésion sociale et
facilitent le vivre ensemble. Ils agissent dans plusieurs domaines : l'administration, le
domaine technique et ouvrier, l'enseignement, la culture, le sport, l'enfance, le domaine
médico-social, l'accueil ou encore la sécurité des usagers des équipements municipaux. La
précarité et la souffrance sociale de nombreux personnels ainsi que le manque général
d'effectif ont des répercussions sur l'ensemble de celles et ceux qui vivent, circulent, étudient,
travaillent à Paris.
C'est pourquoi, lors du débat budgétaire mi-décembre, un de nos axes prioritaires
d’intervention sera l'amélioration des conditions de travail des personnels de la ville. Nous
défendrons un plan de titularisation des contractuels; une augmentation du nombre de
fonctionnaires de la Ville de Paris, notamment dans les établissements de la petite enfance,
dans les établissements sportifs, dans les établissements culturels, ainsi qu’un meilleur
déroulement de carrière. Pour faciliter leur déplacement, nous demanderons une prise en
charge à 100% de la carte de transport ainsi qu'une augmentation du quota du nombre de
logements publics réservés aux personnels de la ville. Cette ambition, nous la portons aussi à
l'échelle nationale. Les services publics de la ville de Paris ne peuvent pallier toutes les
inégalités entre les parisiens. Une rupture avec les politiques d'austérité est aujourd'hui
nécessaire. Les élus du Front de Gauche ne cesseront de se mobiliser tout au long du
quinquennat pour contribuer à réaliser le changement qu'attendent les français et
les parisiens.

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